Oui quelle drôle d’idée ! Bien des gens rédigent leur biographie lorsqu’ils atteignent cet âge respectable. Mais telle n’était pas mon intention. En premier lieu parce que ma vie n’avait rien d’original selon moi, mais aussi par pudeur. Je déteste mettre en avant mes pensées intimes ! Alors je préfère raconter des histoires derrière lesquelles je peux me dissimuler et j’espère ainsi faire plaisir à toutes celles et à tous ceux qui me liront. Car la lecture c’est d’abord du plaisir.
Je lis depuis mon plus jeune âge. C’est ma drogue à moi. Celle qui me permet de supporter la dureté de la vie. Je prends un livre et je m’évade. Je suis libre. Dans un autre monde. Mes premières passions : Tintin, puis la Comtesse de Ségur. À l’âge de sept ans j’avais déjà lu tous les volumes de ces deux auteurs. Il faut dire qu’il n’y avait pas beaucoup de distractions à l’époque. La télévision en était à ses balbutiements. On avait droit à La séquence du jeune spectateur le jeudi après-midi avec, comme présentatrice, une horrible poupée à la voix abominable qui parlait en remuant bizarrement la bouche pour nous présenter les films ou plutôt les feuilletons destinés à la jeunesse (le terme « série » n’existait pas encore). Tous les enfants du quartier se réunissaient autour de l’unique télévision que possédait une voisine fortunée.
Le reste du temps, je lisais tout ce qui me tombait sous la main : Alexandre Dumas et tous ses Mousquetaires, Hector Malot, les 13 volumes de « Cinq jeunes filles » qui racontaient les aventures de jeunes Françaises embarquées sur un voilier pour faire le tour du monde, Astérix le Gaulois, Lucky Luke etc.
À mon entrée en classe de sixième, j’ai découvert les grands auteurs classiques. J’ai eu le coup de foudre pour Victor Hugo. Mon premier coup de foudre. Et j’ai continué de lire. J’avais déjà dans l’idée de « passer de l’autre côté du miroir » et d’écrire moi aussi, mais je n’osais pas montrer mes « œuvres » de peur que l’on se moque de moi.
Le temps a passé très vite et soudain j’ai eu 60 ans et toujours cette envie d’écrire qui me titillait. J’ai suivi un atelier d’écriture et puis un jour je me suis lancée. Toute seule, parce que je n’étais pas toujours d’accord avec ma formatrice.
C’est ainsi qu’est né mon premier roman Le chemin de la nuit, dans lequel je raconte l’histoire de trois femmes liées par un lourd secret familial avec pour toile de fond le terrorisme en Allemagne à l’époque de la bande à Baader dans les années 70.
Encouragée par les avis positifs de mes lectrices et de mes lecteurs, j’en ai écrit un deuxième, Deuil au lac Saint-Jean dont l’action se situe au Québec en 1908 et dont le héros est un jeune Français mystérieusement décédé dans un accident de train.
Mais comment me vient l’inspiration ? Eh bien, ce sera l’objet de mon prochain article.



0 Comments