« L’inspiration chante toujours, l’inspiration n’explique jamais. » Khalil Gibran
On me demande souvent comment m’est venue l’idée d’écrire mes romans. Et je ne sais pas trop quoi répondre.
Ainsi, je peux raconter les circonstances qui m’ont inspirées pour Le chemin de la nuit, mon premier roman, mais je sens bien que ce n’est pas suffisant. C’était en 2015, l’année des attentats de Charlie Hebdo puis du Bataclan. Le terrorisme faisait une entrée en force dans l’actualité. Je me suis alors souvenue de la vague d’attentats que l’on avait connue dans les années 70 avec la bande à Baader en Allemagne, les Brigades Rouges en Italie et Action Directe en France.
Pourquoi devient-on terroriste ? Et si un membre de ma famille devenait terroriste, quelle serait ma réaction ? C’est ainsi qu’est né mon premier roman. Mon héroïne, Jeanne mène une vie terne dans la banlieue de Lyon. Mais la mort accidentelle de ses parents va tout bouleverser.
Pour mon deuxième roman, Deuil au lac Saint-Jean, je me suis inspirée de faits réels. Une légende familiale racontait l’histoire d’un mystérieux cousin émigré au Québec et décédé en 1908 dans un accident de train. Tout juste élu député du Comté du lac Saint-Jean, il avait trouvé la mort brutalement. Émue par ce destin tragique, j’ai décidé d’en savoir plus. Après avoir recueilli une abondante documentation, j’ai imaginé une histoire autour de sa vie. Là encore mon héros m’a entrainée dans des pays inconnus.
Pourquoi ai-je choisi tel thème plutôt que tel autre ? Sans doute parce que ces sujets me touchent de façon plus personnelle. Dans Le chemin de la nuit je parle des secrets de famille, de tous les non-dits qui peuvent gâcher la vie des gens. Dans Deuil au lac Saint-Jean, je suis le parcours initiatique d’un homme issu d’un milieu bourgeois très riche que le destin a malmené et qui va se métamorphoser au contact d’autres cultures bien différentes de la sienne.
L’inspiration c’est une rencontre entre un évènement déclencheur, des personnages et la sensibilité de l’auteur. Lorsque j’écris un roman j’ai une idée directrice, un plan. Petit à petit, mes personnages, comme le golem de la Bible, se libèrent de mon histoire et m’imposent leur point de vue. Je n’ai plus qu’à les suivre. Enfin presque !



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